Aux maths citoyennes, citoyens !


Élisabeth Busser

Pour la première fois, le CNRS a donné la parole aux citoyennes et citoyens sur leur rapport aux mathématiques. Lancée le 10 mars 2025, cette consultation nationale a interrogé la place des mathématiques dans la société et a ainsi pu identifier plusieurs leviers afin d’en favoriser la compréhension et l’accès.

 

C’est le 8 décembre 2025 au Sénat que les résultats de la consultation citoyenne sur les mathématiques, effectuée au printemps de la même année, ont été annoncés. 

Le CNRS avait, dans la continuité des Assises pour les mathématiques organisées en 2022 par l’Institut national des sciences mathématiques et de leurs interactions (INSMI), sous forme de tables rondes, conférences, remises de prix et témoignages autour de la question « Comment les mathématiques françaises peuvent-elles participer à la résolution des grands défis de demain ? ». De mars à juillet 2025, 33 000 personnes (qui ne constituent toutefois pas un échantillon représentatif de la population puisque les cadres y étaient surreprésentés) ont en effet participé à cette grande opération, rassemblant plus d’un million de contributions, cette consultation étant assortie de 40 ateliers proposés sur tout le territoire, rassemblant pendant 6 jours 46 personnes pour « plancher » sur la question « Comment améliorer l’accès aux mathématiques à toutes et à tous à tout âge ? ».

 

 

Des sentiments contrastés

Le résultat général qui ressort de cette consultation est que c’est l’expérience scolaire qui est fondatrice dans le rapport aux mathématiques qu’on peut avoir au cours de la vie. Cette discipline est jugée comme sélective par 70 % des participants, d’où un sentiment d’anxiété ressenti lors d’examens ou de simples interrogations orales. De là naîtrait une sensation d’exclusion, voire de honte, souligné par les participants, si on n’a pas la « chance » d’être à l’aise avec la discipline. 

Malgré cela, les personnes interrogées sont conscientes de l’importance des mathématiques dans la vie de chaque jour et 67 % d’entre eux les considèrent comme incontournables. De fait, 40 % d’entre eux aimeraient reprendre leur apprentissage une fois adultes et ils sont 90 % à reconnaître aux mathématiques un rôle moteur dans le développement scientifique, économique et démocratique.

 

Solutions en vue

Le résultat de cette enquête ayant mis en évidence un souhait général de développer une culture mathématique mieux partagée, le CNRS se propose de rendre cette discipline plus accessible à tous, redonnant aux gens la confiance et leur offrant la possibilité de reprendre contact à tout âge avec la discipline, en entreprenant, avec les acteurs éducatifs, des actions permettant de réduire les inégalités, favorisant en particulier la participation des filles et des publics éloignés. Le CNRS souhaite par ailleurs renforcer la place des maths dans la société, encourager les rencontres de scientifiques et du grand public, et encourager les initiatives de vulgarisation.

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